RDC – Agriculture – Le budget 2016, une misère !

Le budget consacré à l’agriculture pour 2016 tourne est de 661.6 millions de dollars US sur un budget du pouvoir central 2016 de près de 8 milliards $ ! 

A lire : RDC – Le budget 2016, une mascarade…

RDC – Budget 2016 PDF Taux – Projection 2016 – 933,45 FC/$ PDF
Budget du pouvoir central de l’exercice 2016 7.282.077.472.329 FC 7.801.250.707 $
Synthèse des dépenses par Administration
SECTION 44 AGRICULTURE 617 612 939 875 FC 661 645 444 $ 8,48%
SECTION 45 DÉVELOPPEMENT RURAL 121 386 206 931 FC 130 040 395 $ 1,67%

Source RDC – Ministère du Budget   Là pour le coup, le site web de ce ministère est facile d’accès, même s’il n’est pas mis à jour pour tout, cela mérite une mention « + » !

Evolution du budget national consacré à l’agriculture, section 44

Budget Agriculture 2014
Budget Agriculture 2015 
Budget Agriculture 2016

Que voulez-vous faire avec un budget Agriculture 2016 de 661,6 millions USD ?

Aussi, comme pour le reste des investissements du pays, le gouvernement compte sur les dons et financements étrangers.  Le gouvernement met toute son énergie sur les parcs agro-industriels et sur la recherche agronomique type conventionnelle, entendez agriculture chimique, favorisant les conglomérats internationaux de l’alimentation poison.

A lire : Banque mondiale, les zones d’ombre

Déclaration de Maputo au Mozambique 2003, les Chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine avaient décidé « de redynamiser le secteur agricole, y compris l’élevage, les ressources forestières et les pêcheries par l’introduction de politiques et stratégies spécifiques au profit des petites exploitations traditionnelles des zones rurales …  Ils se sont engagés à allouer chaque année au moins 10 pour cent de leurs budgets nationaux à leur mise en œuvre, dans un délai de cinq ans.»   NEPAD  FAO NEPAD Déclaration de Maputo – Mozambique 2003 

En 2016, la RDC s’en rapprochera avec 8,7%.  Mais quand 10% est compté sur peu de chose, cela reste peu de chose en augmentation.  Et puis, l’investissement du gouvernement ne se concentre pas vraiment sur les petites exploitations traditionnelles des zones rurales !  Il laisse aux structures privées, le soin de s’en préoccuper comme l’IITA – International Institute of Tropical Agriculture, décris plus loin dans le texte.

Et pourtant selon la déclaration de politique générale du Président Joseph Kabila, la priorité des priorités est l’agriculture…  A lire RDC – L’arnaque politique des PAI

Rémunérations

RDC – Budget 2016 PDF  Rémunérations – Page 38/61
Taux – Projection 2016 – 933,45 FC/$
SECTION 44 AGRICULTURE 21 495 147 816 FC 23 027 637 $
Emplois rémunérés = Nombre 14.384  
Rémunération annuelle 14 94 379 FC 1.601 $
Salaire mensuel – Moyenne 124,5 FC/mois 133,4 $/mois

Certains rapports mettent en avant que le secteur privé est plus efficace, ben oui, outre les énormes investissements, l’enjeu économique et le statut de l’employé du secteur privé qui conditionnent son travail, il paie mieux et de manière régulière !

A propos des Investissements sur Ressources extérieures : PARRSAProjet d’Appui à la Réhabilitation et la Relance du Secteur Agricole, PIRAM – Programme Intégré de Réhabilitation de l’Agriculture de la province du Maniema, PARAKIN Programme d’Appui aux Pôles d’Approvisionnement de Kinshasa; étude de faisabilité des nouveaux sites pour implantation des parcs agro-industriel ; appui à l’analyse des sols avant toute implantation des nouveaux parcs agro-industriels : la part prévisionnelle du budget Agriculture issu de financements extérieurs est de 564 milliards FC ou 604 millions $ soit environ 93,48 % du budget SECTION 44 !  Excepté les PIRAM et PARAKIN dont il faut se demander si l’approche est « agriculture durable », il est clair que la part attribuée à l’agriculture familiale et biologique est quasi nulle !

Le document cite 3 projets qui sont essentiels pour le programme du gouvernement en 2016.  Il serait intéressant de connaître l’état des autres ressources extérieures que constituent les financements de projets des Banque mondiale, BAD, FAO, PNUD, coopérations internationales, universités et autres ONG de développement…  Est-ce que le Ministère de l’Agriculture, Pêche et Elevage a la capacité et les compétences pour coordonner ces projets et pour produire un état des lieux global et cohérent ?

Depuis le PNIA – 2013, le gouvernement a le mérite d’être constant dans sa politique : Loi de finance 2016 – 4.3.2.3 Politique d’investissement : Les investissements de 2016 seront sous-tendus par les fonds levés sur le marché international et éventuellement sur le marché intérieur au titre d’emprunt.  Ces emprunts vont financer essentiellement les investissements dans les secteurs porteurs de croissance, notamment l’Agriculture à travers l’extension des parcs agro-industriels et leur électrification ainsi que les infrastructures portuaires.  Ministère du Budget Exposé général du projet de loi de finances de l’exercice 2016 page 29

Fonctionnement des ministères.  La part prévisionnelle du budget Agriculture est de 9,5 milliards FC ou 11 millions $.  Que représentent 11 millions de $ au vu des multiples structures, services, directions, institutions autonomes, etc. (33 services) qui dépendent du Ministère de l’Agriculture, Pêche et Elevage ?   Ministère de l’Agriculture, Pêche et Elevage 

Voir Ministère de l’Agriculture, Pêche et Elevage, une façade pour y trouver l’organigramme et une liste établie en 2011, des structures publiques et institutions autonomes impliquées dans le développement du secteur agricole.

Il serait intéressant de connaître pour tous ces services, leur situation et répartition par province, leurs coordonnées.  Il serait intéressant de connaître la répartition des dépenses réelles du poste budgétaire Fonctionnement des ministères : qui a reçu quoi / pour en faire quoi ?

La recherche ?  Accordée aux privés.  IITA – The International Institute of Tropical Agriculture s’est installé à Bukavu à quelques kilomètres de l’INERA Mulungu à 25 km de Bukavu et du superbe Centre de Recherche en Sciences Naturelles – CRSN Lwiro, depuis des années l’ombre de lui-même. 

Je n’ai pas trouvé de site web officiel décrivant le CRNS Lwiro…  En 2001, à Lwiro, à l’occasion de l’atelier sur la pharmacopée organisée par Diobass au Kivu, j’avais réalisé, une vidéo sur un personnage formidable, Mr Djéjé.

2015, cela n’a beaucoup évolué depuis…  L’article et la vidéo ci-dessous illustre l’abandon des responsabilités du gouvernement Matata Ponyo sous l’égide du Président Kabila, à protéger le bien commun de la Nature contre la dérive de sa marchandisation.  A Lwiro, la recherche congolaise ne manque pas d’enthousiasme mais de moyens 150323

Comme suggéré, cliquez sur ce lien Visionner sur YouTube

IITA est financé entre autre par :

Loi portant principes fondamentaux relatifs à l’agriculture – 2011  Qu’en est-il de la mise en place du Fonds national de développement agricole et sa gestion en synergie avec les institutions financières bancaires et non bancaires ; de l’implication des agriculteurs et des professionnels du secteur agricole dans le processus décisionnel ; de la création du Conseil consultatif aussi bien au niveau national, provincial que local ; de la prise en compte de la protection de l’environnement ; du renforcement du mécanisme de surveillance des terres destinées à l’exploitation agricole et le suivi de la production… et donc du financement de toutes ces belles intentions prévu dans le budget 2016 soit 5 ans après la promulgation de la loi, tel qu’annoncé dans l’exposé des motifs de la dite loi ?  INADES CONGO 

Qu’en est-il du financement du Conseil Agricole Rural de Gestion – CARG dont l’idée principale était de renforcer l’organisation des structures paysannes avec la création d’une plate-forme communication et information au MINAGRI, pour diffuser des informations sur tout le territoire via divers supports médias ?  Il est évident que maintenir cette initiative aurait été un non-sens par rapport au projet industriel de l’agriculture, en informant les paysans de leur future disparition en tant qu’entreprise familiale !

Qu’en est-il de la prise en charge de l’entretien et du développement des investissements réalisés sur « Ressources extérieures » ?  Réhabiliter des  routes de desserte agricole, construire des marchés, etc. ok mais si c’est pour les laisser à l’abandon par la suite, quel intérêt autre que d’avoir obtenu «  sa part » durant le programme avec la complicité des bailleurs ?  Voir article : Coopération belge au développement arnaquée

Qu’en est-il du financement du PNIA – Programme National d’Investissement Agricole dans le budget 2016 ?  5 programmes pour un coût total de 5,73 milliard USD sur une période de (7) 8 ans, 2013 – 2020 

Recherche d’investisseurs : La réunion de financement des 7 et 8 novembre 2013 vise un double objectif : permettre aux investisseurs de prendre une part active au développement de l’agriculture congolaise et permettre au gouvernement de trouver 64,3 % des fonds nécessaires à la mise en œuvre du PNIA, soit 3,68 milliard USD, pour venir compléter les 2,04 milliards déjà provisionnés.  www.primature.cd Dossier presse Business meeting 2013 

Les « 2,04 milliards déjà provisionnés » du privé doivent provenir de prêts extérieurs.  Selon Le Potentiel – 03 juin 2014 : « A ce jour, le gouvernement et ses partenaires techniques ont déjà contribué à hauteur de 2 milliards 46 millions 600 mille dollars américains, soit 35,7% du montant global. Le fonds qui reste à pourvoir est de l’ordre de 3 milliards 684 millions de dollars américains (environ 64,3% du budget total) de ce plan agricole » 

Zone d’ombre

    • Où se retrouvent les milliards « déjà provisionnés » tel qu’annoncé par la Primature, dans les budgets successifs ? A quoi ont-ils servis ?
    • Qu’en est-il de la charge de la dette contractée auprès de la Banque mondiale ?  Le documentaire réalisé en 2010 est illustratif de l’intérêt des organisations financières internationales à maintenir la RDC dans la dépendance de la mafia nationalisée qu’elle est devenue…

Le Salaire de la dette En 1944, les accords de Bretton Woods débouchent sur la mise en place de la Banque mondiale et du Fonds monétaire International. Depuis un demi-siècle, plus de deux mille milliards de dollars pour l’aide au développement ont été ainsi versés.  Pourtant, force est de constater qu’aujourd’hui, tous ces efforts n’ont pas permis aux nations alliées de tenir leurs promesses. 

Dans les années 80, pris au piège de la dette, les gouvernements du tiers-monde se sont vus obligés de rembourser leurs emprunts avec des taux d’intérêt cinq à six fois supérieurs à ceux pratiqués sur les marchés financiers.  Ces Etats ont alors dû se plier aux plans d’ajustement structurels imposés par le FMI, qui entraînèrent la privatisation des services publics et l’exportation massive des ressources, avec des conséquences désastreuses pour leur développement…  Et, dans leur sillage, l’installation durable de la corruption et le jeu subtil des réseaux.

Pourquoi aujourd’hui des pays qui ont des ressources naturelles aussi importantes que la République démocratique du Congo, la République du Congo et le Mali demeurent-ils les plus pauvres de la planète ?  Pourquoi une part importante de leur budget reste-elle consacrée au service de la dette ?  Films & Documentaires


Si vous croyez encore à la sincérité des responsables politiques actuels quant à la préservation et le renforcement de l’agriculture familiale ET biologique, quand à l’idée d’une agriculture au service de la Nation, c’est à ne rien y comprendre !

A suivre… 

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